LES BAINS d’après Vladimir Maïakovski - Compagnie Victor B
Mise en scène : Jean-Michel FRERE


Ecrite par Maïakovski, dans les années 30 en Russie, la pièce traite des pesanteurs bureaucratiques générées par le pouvoir et que les forces du changement - mais celles du changement par l’imagination - devraient décrasser par « une grande lessive ».
L’espace du Grand Manège de Namur a été voulu brut et libre de toute infrastructure théâtrale existante : laissant à nu la charpente en bois, les fermes métalliques, le sol en béton fissuré, les fenêtres en demi-lune et les murs en brique. La scène ainsi dégagée mesure 21 mètres de large sur 16 mètres de profondeur.
L’occupation de cet espace gigantesque est un défi en soi pour créer « une forêt labyrinthique grise d’armoires, de bureaux, de fichiers, de tampons, de machines à écrire, de dossiers, de liasses de feuilles, tremblotantes et tournoyantes d’une vie autonome » (M. F. Le Soir, 24 et 25 avril 1999).
La scénographie s’inspire de l’esthétique du « futur antérieur », c’est-à-dire d’un futur tel que les utopistes des années 30 auraient pu se l’imaginer. Il importe que les éléments concrets sur scène aient leur propre autonomie et ne puissent être identifiés à une époque trop précise afin de renforcer l’aspect universel de la fable. Les objets doivent faire partie intégrante du jeu des comédiens pour créer une image d’ensemble dans l’espace scénique. Le traitement des objets n'est pas seulement visuel mais également sonore avec l’intervention de Pierre Berthet, scénophone, qui développe leur musicalité : grincement des tiroirs renforcé, grands classeurs avec mouvements rotatifs amplifiés, feuilles extraites d’archives jaunies et encollées pour améliorer leur frissonnement afin de déclencher des petits orages de papier, tubes d’acier du mirador chantant sous les flammes des chalumeaux, armoires de bureau - reliées par de multiples fils d’acier comme des cordes de piano - servant de caisse de résonance. Le tout agité par des hélices mues à l’aide de petits moteurs électriques reliés à un jeu d’orgue pour leur contrôle. La pièce se termine par un crescendo où toutes les machines bureaucratiques sont perturbées et affolées par l’arrivée de la femme phosphorescente venue du futur !

Intervenants artistiques :
Michaël DE CLERCQ, scénographie et lumières ;
Pierre BERTHET, scénophonie.
Réalisation : Pierre BERTHET, Michel CAMBY, Charles DAIX, Michaël DE CLERCQ,
Maurice VANDENBROECK et l’équipe technique du Centre théâtral de Namur.

 
 
 
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